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Partie 2 — Les hommes en cuir noir

À l’autre bout du diner, cinq motards occupaient deux banquettes.

Ils étaient arrivés une vingtaine de minutes plus tôt.

Vestes en cuir noir.

Bandanas.

Bras tatoués.

Voix suffisamment fortes pour couvrir la musique.

Le plus imposant d’entre eux s’appelait Ray Dalton.

Près de deux mètres.

Une barbe noire épaisse.

Des avant-bras massifs couverts de tatouages.

Ray avait déjà remarqué Thomas.

Plus exactement, il avait remarqué son uniforme.

Et ça semblait l’amuser.

Il regarda les autres.

« Regardez-moi ça. »

Un de ses amis suivit son regard.

« Le militaire ? »

Ray sourit.

« Ouais. »

Thomas entendit.

Il ne réagit pas.

Il continua à boire son café.

Rex, lui, tourna légèrement la tête.

« Doucement », murmura Thomas.

Le chien se calma aussitôt.

Quelques minutes passèrent.

Puis Ray se leva.

Il traversa lentement le restaurant.

Deux de ses amis le suivirent.

Emily les aperçut et sentit immédiatement que quelque chose n’allait pas.

Ray s’arrêta derrière Thomas.

« Hé, soldat. »

Thomas ne se retourna pas.

« Monsieur ? »

Ray fronça les sourcils.

« Tu m’as entendu. »

Thomas leva enfin les yeux.

« Je vous entends. »

Ray regarda l’insigne sur son uniforme.

Puis sa cicatrice.

Puis le chien.

« Alors comme ça, même les soldats ont besoin d’un chien pour tenir debout maintenant ? »

Quelques personnes rirent nerveusement.

Emily s’approcha.

« Monsieur, laissez-le tranquille. »

Ray lui lança un regard.

« Je plaisante. »

Thomas resta calme.

« Alors trouvez une meilleure blague. »

Le sourire de Ray disparut.

Ses amis cessèrent de rire.

Le diner devint soudain beaucoup plus silencieux.

Ray posa une main sur la table.

« Qu’est-ce que tu viens de dire ? »

Thomas le regarda droit dans les yeux.

« Je vous ai dit de trouver une meilleure blague. »

Ray se pencha.

« Tu crois que ton uniforme me fait peur ? »

Thomas répondit simplement :

« Non. »

« Bien. »

Ray aperçut alors un grand pichet posé sur une table voisine.

Il le prit.

Il contenait du lait destiné au café.

Emily comprit trop tard.

« Ne faites pas ça. »

Ray sourit.

Puis il renversa lentement le contenu du pichet sur Thomas.

Le lait coula sur ses cheveux.

Son visage.

Son uniforme.

Puis sur la table.

Un peu éclaboussa même le harnais de Rex.

Quelqu’un poussa un cri.

Emily porta une main à sa bouche.

« Oh mon Dieu… »

Ray éclata de rire.

« Oups. »

Thomas ne bougea pas.

Pas immédiatement.

Une goutte blanche descendit le long de sa cicatrice.

Ses mains restèrent posées sur ses genoux.

Rex se leva.

Le chien fixa Ray.

Ses oreilles se dressèrent.

Un grondement presque imperceptible sortit de sa gorge.

Thomas murmura :

« Rex. »

Le chien se rassit immédiatement.

Cette simple réaction fit disparaître quelques sourires.

Ray, lui, continua.

« C’est ça ? »

Il regarda Thomas.

« Tu vas juste rester assis ? »

Thomas prit une serviette.

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Il essuya lentement son visage.

Puis il se leva.

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